Retour sur un entretien qui n'a rien perdu de sa pertinence avec Christophe David pour Telescope (février 2025).
Là où il nous avait habitué à visiter les grands espaces, Bruno Green est revenu il y a peu en partageant des climats inspirés de la fréquentation assidue de Berlin. « Love particles » constitue le troisième volet d’une trilogie discographique qui fait la part belle à une électro contemplative, laquelle, tout en célébrant la ville, mesure le niveau général de défaite accusé par l’occident. Bruno Green a connu mille vies, mais celle qui lui sied le plus est celle de voyageur infatigable, que le mouvement soit géographique ou intellectuel et quand on aborde avec lui le thème de sa musique, on se retrouve souvent à parler de littérature et de photographie, parce qu’il ne conçoit pas que son travail artistique ne soit soutenu que par un seul support, une seule vision, une seule projection. On aurait pu perdre sa trace depuis longtemps mais il n’a jamais été question pour nous de se priver des ambiances qu’il affectionne, qui ont beaucoup à voir avec ce qu’il est, ce qu’il traverse et ce qui le traverse.
