La trilogie des ports en images et musique

La Trilogie des ports mise en mots, images, musique, avec les voix de Yan Kouton (Na sua luz), Gwendolyn Rivera (Va al paraiso) et Bruno Green (La lunga notte).

De la multiplicité et juxtaposition des mediums, selon les mots de Bruno :
"L'ensemble de mes projets, quels que soient leurs formes ou leurs outils, tissent une seule et même toile intime, et sont à la fois indissociables et profondément complémentaires. Cet univers, je le bâtis depuis près de quarante années ; faux-pas, fausses routes, je ne renie rien, parce que vie et création ne font qu’un et que je ne peux tolérer l’immobilisme. L'impermanence des choses est une règle fondamentale qui doit inciter à l'humilité, ni les fanfares de la ligne d’arrivée ni les cotillons de victoires éphémères ne m’importent. Ce qui m’anime, c’est le chemin lui-même, lieu sacré sur lequel l’on n’a rien à prouver à personne, Sinon à soi.-même"

Na sua luz est une traversée poétique de Lisbonne, où la ville devient le miroir d’un monde intérieur, théâtre d’une méditation sur le temps qui s’effiloche. Dans une langue dense et musicale, l’auteur mêle observation sensorielle et réflexion existentielle, explorant la fragilité du temps, l’érosion de la mémoire et un désir obstiné de sens. Loin des clichés pittoresques des marchands de tourisme, la ville y apparait comme une figure ambivalente, à la fois tendre et insaisissable, amante blessée, sentinelle oubliée, sanctuaire de mélancolie, baignée de lumière mais rongée par l’oubli. Entre prose poétique et chronique intime, ce texte s’inscrit dans la lignée de Pesoa, Calvino ou Magris, et affirme une voix singulière, profondément incarnée. Lecture Critique, Michel Baillargeon – 2025

Avec La lunga notte, Bruno Green livre un texte qui oscille entre récit intime et poème épique. L’ouvrage s’ouvre sur une prose dense et introspective, l’auteur évoquant un séjour à Palerme où, paradoxalement, il ne découvre ni la ville ni le pays. La capitale sicilienne devient décor mental, miroir d’un état d’épuisement et de solitude. On n’élaborera pas sur les causes de cet état, ceux qui connaissent l’homme et son parcours auront tôt fait de déceler quelques indices, mais là n’est pas l’essentiel. En visitant les anti-chambres de l’enfer, l’auteur accepte d’affronter ses tourments et dans cette atmosphère suffocante, la ville se transforme alors en symbole d’une noirceur intérieure, avec pour toile de fond, les photographies de Letizia Battaglia et le Palermo Shooting de Wim Wenders.Lecture Critique, Michel Baillargeon – 2025