Poégraphies séries : Freischwimmer im kalten Wasser

Freischwimmer im kalten Wasser (Nageur libre en eaux froides) est le journal de bord d'un voyage circulaire sur les traces de décenies personnelles évaporées en une formidable abstraction temporelle, dans une ville dont le mur est tombé mais dont la présence invisible demeure palpable et sa valeur protectrice et distinctive parfois regrettée.

Bruno Green, Friedrichshain, Berlin - juin 2018

 

Freischwimmer im kalten Wasser ne fait pas exception dans Les Poégraphie séries. Journal rêveur, loin d'être un simple récit de voyage, il propose une méditation sur la résilience, la solitude et la nécessité de chérir l'angoisse comme rempart avant de retrouver le goût de vivre et s'adresse à un public sensible à l'originalité des formes hybrides en proposant une expérience immersive où la mélancolie n'est pas une fin en soi, mais un moteur vers la lucidité. En convoquant les origines pour réveiller l'essence du chemin parcouru, Bruno Green offre une œuvre qui, tout en étant ancrée dans une expérience personnelle berlinoise, résonne comme une vérité universelle sur la condition de « naufragé de l'éternité » à la recherche d'un havre dans le songe.

Lecture Critique - Michel Baillargeon  - 2025


Freischwimmer im kalten Wasser est édité par les Éditions QazaQ dans la collection Maison Poésie Brest en version digitale,
ainsi que par Silent Graphics éditions en version livre d'art disponible sur notre
page Boutique.

Très au-delà des peines réside notre royaume intime, celui qui, devenu invincible dans sa douleur, ne craint plus rien ni d’autrui ni de nous-mêmes. Entre renaissance et perdition, s’élever au-dessus de toute attente, au-dessus de tout espoir.

A chacun son ciel, à chacun ses étoiles, lorsque le jour fond, il n’y a rien à y faire. Le propre de la noirceur est son inaptitude à réfléchir la lumière, elle se dresse en un mur dense et infranchissable, muette et sourde à nos suppliques. Nul ne sait quand il atteint ce mur, mais ne doit oublier que seule la nuit mène au lendemain.

Dernier tour de piste pour clowns tristes et fauves encarcanés, un funambule file vers les étoiles alors que l’écuyère n’est plus que galop lointain.

Il n’y a jamais de changement de vie. Il n’y a qu’une vie, une seule, dans un monde qui ne vaut que par le regard qu’on lui accorde, un horizon personnel au prisme d’une poésie sensible. Chaque seconde qui s'en détourne n’est qu’ennui et temps à jamais perdu.

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